« Tout désir est une dette contractée.La question n'est pas si tu paieras,mais si le prix t'aura semblé juste, après coup. »
Pharos est une entité vagabonde, sans demeure fixe ni forme stable. Il peut apparaître devant quiconque, à n'importe quel moment, sous n'importe quel visage : mendiant, marchand, noble ou bête. Sa forme de prédilection, néanmoins, est celle d'un homme à la peau mate, de petite stature, aux cornes enroulées de chaque côté de la tête, dont celle de droite est brisée.
Sa nature est celle du caprice. Il exauce les souhaits non par bienveillance ni par contrat cosmique, mais parce que cela l'amuse. Le prix qu'il réclame est fixé par lui seul, selon son humeur et son divertissement du moment. Il peut demander une pomme pour arranger la mort d'un homme, ou exiger quelque chose de quasi impossible pour traverser simplement une rue en deux minutes. La logique n'a ici pas sa place : seul Pharos décide.
Ce qui est constant, en revanche, c'est sa littéralité. Pharos tient ses engagements à la lettre, ni plus, ni moins. Un souhait mal formulé sera exaucé exactement tel qu'énoncé, avec toutes les conséquences que cela implique.
Le Chaldisme est l'une des croyances les plus répandues, et paradoxalement l'une des moins pratiquées. La grande majorité de ceux qui reconnaissent l'existence de Pharos ne lui vouent aucun culte actif. Ils lui adressent parfois une prière, au détour d'une transaction risquée ou d'un souhait formulé à voix basse, sans cérémonie ni engagement. Pharos n'exige rien. Il prend juste ce qui lui est dû.
Parmi les croyants passifs, les marchands occupent une place particulière. Arborer le symbole de Pharos au-dessus de son étal est un signal : celui que l'honnêteté commerciale est garantie, placée sous l'œil d'une entité qui, elle-même, ne triche jamais dans ses accords. C'est une forme de réputation sacrée : trahir un client sous le signe de Pharos, c'est risquer d'attirer son attention pour de mauvaises raisons.
Rares sont ceux qui font du Chaldisme un mode de vie. Ces dévots ne ressemblent en rien à des ascètes : là où d'autres ordres prônent le dépouillement, les leurs font l'inverse. Ils accumulent : artefacts, objets de valeur, richesses de toutes natures. Ce comportement n'est pas de l'avarice, mais une interprétation de la volonté de Pharos : puisque tout a un prix et que Pharos semble attacher de la valeur à ce qui vaut quelque chose, posséder serait une forme de dévotion.
Il convient de préciser que Pharos n'a jamais explicitement enseigné quoi que ce soit. Ces principes sont des suppositions, des constructions humaines bâties sur l'observation de son comportement. Les dévots le savent. Ils pratiquent quand même.

Bien que Pharos soit un être métamorphe, les récits convergent vers une forme récurrente : un homme à la peau mate, de petite stature, portant des cornes enroulées de chaque côté de la tête, dont celle de droite est brisée. Nul ne sait si c'est là sa véritable apparence ou simplement celle qu'il choisit d'emprunter le plus souvent.
Il est associé à l'or et à la prospérité. Son symbole, une pièce frappée à son effigie, est arboré fièrement par les marchands qui souhaitent signaler leur probité. Sous l'œil de Pharos, un accord est un accord. Toujours.
« Que mes mots soient justes,que ma main ne tremble pas,et que ce qui est dû revienne à qui le mérite.Pharos, témoin de l'échange : sois équitable. »
Il n'existe pas de formule consacrée pour formuler un souhait : chaque demande est unique, et les fidèles expérimentés insistent sur la nécessité de peser chaque terme. Ce qui suit est une prière préparatoire, récitée avant de formuler le souhait lui-même :
« Je viens les mains vides et l'esprit clair.Je ne cherche pas à te duper, Pharos : tu saurais.Ce que je désire, je vais te le dire.Ce que tu exigeras, je l'entendrai.Que l’échange soit net. »
Le Chaldisme est une religion répandue mais peu pratiquée, centrée sur Pharos : une entité capricieuse qui exauce les souhaits en échange d'un prix qu'elle seule fixe.
La plupart des gens acceptent son existence sans l'honorer vraiment. Les marchands arborent son symbole comme gage d'honnêteté commerciale. Une minorité de dévots vit selon une interprétation de sa nature : accumuler ce qui a de la valeur, comme une forme d'hommage à un dieu de l'échange.
Ce que tout le monde retient : si jamais Pharos se présente à toi, sois très, très précis dans ce que tu demandes.